Un drone au couché de soleil

Pas simple de faire voler son drone en Belgique ! 🇧🇪

Vous avez cassé votre tire-lire pour vous offrir un magnifique drone, un petit bijou de technologie bardé de capteurs. Bravo, vous allez pouvoir explorer votre jardin sous toutes ses coutures… Mais pas trop haut, hein !

Eh oui, c’est la (triste) réalité : en Belgique, un simple particulier ne peut faire voler son drone que sur sa propriété privée et à une hauteur de 10 mètres au maximum.

Et encore ce drone doit peser moins d’1 kg ! C’est très bien expliqué sur le site du SPF Mobilité et Transports.

Pour voler ailleurs, plus haut, plus loin… il faut absolument suivre une formation qui vous coûtera quand même près de 700 €. Vous obtiendrez alors une attestation de classe 2 qui vous donnera un peu plus de liberté.

Je ne peux m’empêcher de trouver ces règles vraiment trop strictes, surtout si on les compare avec celles en vigueur dans d’autres pays voisins.

Aurait-on, en Belgique, une aversion pour tout ce qui est nouveau ? Pour tout ce qui bouscule un peu l’ordre établi ? Je ne peux me résoudre à le croire… Alors, comment expliquer cette crainte de drones ? Passons en revue les arguments souvent invoqués par les antis.

Les drones seraient dangereux pour les personnes

” Vous vous imaginez, ma bonne dame, si un drone tombait sur la tête d’un enfant ? ” Cet argument, je l’entends tout le temps. Le drone serait une bombe volante prête à s’écraser sur les pauvres passants innocents… Le scénario n’est pas tout à fait improbable : un moteur, une batterie, une hélice peuvent vous lâcher au plus mauvais moment. Une erreur de pilotage peut aussi survenir… C’est un fait !

Mais le risque zéro n’existe pas. La vie est remplie de dangers et pourtant nous choisissons de les accepter… La voiture tue 1 million de personnes par an à travers le monde. Faut-il l’interdire ?

Vous croyez être plus en sécurité chez vous ? Sachez que les accidents domestiques constituent la troisième cause de mortalité derrière les cancers et les maladies cardiovasculaires… En gros, vous avez infiniment plus de chance de mourir dans un escalier que frappé par un drone.

Ceci dit, les “dronistes” doivent bien être conscients de l’énorme responsabilité qui pèse sur leurs épaules quand ils démarrent leur engin. Le bon sens devrait toujours prévaloir mais ce n’est pas toujours le cas.

Les drones seraient dangereux pour les avions

Selon des chercheurs, la probabilité d’une collision avec un drone civil serait extrêmement faible. Ils sont partis des chiffres sur les incidents impliquant les oiseaux dans l’espace aérien américain. 13.414 collisions en 2014 pour être précis… Cela semble beaucoup mais il y a 10 milliards d’oiseaux aux Etats-Unis. On parle donc d’un incident impliquant un oiseau sur 1 million chaque année. Un risque tout à fait acceptable dans le monde de l’aviation où tout est calculé, analysé pour toujours plus de sécurité.

Par analogie, les chercheurs estiment que le risque d’un accident causé par un drone de moins de 2 kg est encore plus faible car le pilote humain a normalement un comportement moins erratique que celui d’un volatile et une durée de vol beaucoup plus faible.

Ils concluent avec ce chiffre qui devrait finir par vous rassurer :

Un drone de 2 kg a une chance de blesser un passager aérien toutes les 187 millions d’années de vol

Les drones porteraient atteinte à la vie privée

C’est vrai, la plupart des drones sont équipés de caméras, il peuvent donc être utilisés pour filmer des personnes à leur insu… C’est le fameux syndrome du  ” Au secours, un drone me filme dans mon jardin ! ”

Mais enfin, réfléchissons deux minutes. Un drone est tout sauf discret. C’est un bien piètre outil d’espionnage.

A 20 mètres d’altitude, avec l’objectif grand-angle qui équipe la plupart des drones, vous êtes déjà un point perdu dans la verdure et votre visage est méconnaissable.

Il y a donc de grandes chances que ce drone qui passe sur votre propriété ne s’intéresse pas du tout à vous. Le pilote est sans doute en train de scruter l’horizon… Ou peut-être est-il simplement perdu dans l’interface de pilotage en train de régler son engin.

Même si je peux comprendre la gêne occasionnée, je pense que nous sommes plus souvent dans le registre du manque de courtoisie que dans celui de la véritable atteinte à la vie privée.

Vers un compromis à la belge…

En Belgique, on a toujours cultivé l’art du compromis. Est-il possible de trouver une réglementation qui rencontre les besoins des dronistes tout en garantissant la sécurité et la vie privée de chacun ? Quelques simples règles de bon sens mettraient peut-être tout le monde d’accord !

Regardez les consignes données par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) en France, un modèle du genre !

Les consignes pour voler avec son drone en France
Les consignes pour voler avec son drone en France

C’est clair… C’est strict… Tout en laissant quand même un grand espace de liberté aux dronistes qui peuvent pratiquer leur loisir dans de bonnes conditions. Il y a même une carte géoportail qui montre les zones interdites. Pourquoi ne pas mettre en place un système similaire en Belgique ?

Tout le monde y gagnerait car une règle obtuse, qui n’est pas en phase avec la réalité du terrain sera enfreinte, c’est sûr… Mais enfreinte au quintuple ! Regardez ce qui se passe dans les tunnels bruxellois ? 8 conducteurs sur 10 y dépassent allègrement les 50 km/h autorisés !

De la même manière, la limite des 10 mètres sur une propriété privée ne peut qu’encourager les abus. Une réglementation plus souple mais mieux expliquée et documentée permettrait de sortir de cette impasse.

Ou vers une harmonisation européenne ?

Si on envie la situation française, le salut viendra peut-être de l’Europe. L’ Agence Européenne de la Sécurité Aérienne a l’ambition d’harmoniser les règles au niveau européen. Comme, en Belgique, nous sommes parmi les plus mal lotis, une législation européenne sur les drones ne pourra que nous être bénéfique.

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